Trappistes

Introduction : la genèse des trappistes

Des hommes épris d’absolu

Il y a des siècles de cela, en 1098, un petit groupe d’hommes, moines bénédictins épris d’absolu, choisit de retourner aux sources des traditions anciennes qui avaient fondé le mouvement monastique en Occident. Ces hommes s’inscrivaient dans le cadre d’un mouvement spirituel vigoureux, la « vita apostolica » qui prônait alors le retour aux valeurs apostoliques de dépouillement.

Ils étaient en cela fidèles à un de leur pères spirituel, Benoît, qui, au VIème siècle, avait édicté la « Règle » régissant le comportement des moines : obéissance, silence, pauvreté et humilité, partageant la vie du moine entre travail et « lectio divina » (études et méditation)

Ces hommes, sous la gouverne de Robert de Molesmes, s’établirent à Cîteaux (Cistercium), en Bourgogne, les Cisterciens étaient nés. Les trois fondateurs, saints Robert, Albéric et Étienne, ont su définir avec justesse et établir la position juridique du monastère, les normes concernant la pauvreté individuelle et conventuelle, l’hospitalité, les frères convers, les futures fondations d’abbayes, l’équilibre de la vie monastique, etc.

En 1112, Bernard de Fontaine, entra à Cîteaux et en devint l’un des principaux promoteurs, à travers la création de plusieurs monastères qui essaimèrent par la suite…

Le développement de l’Ordre

Les cisterciens furent les fondateurs d’un Ordre qui devait rapidement couvrir l’Europe de monastères, contribuant ainsi activement, à leur manière, au développement de la civilisation occidentale. L’organisation même de l’Ordre favorisa son maintien dans le temps, en mariant harmonieusement l’autonomie des monastères avec une centralisation suffisante. Son développement fut constant pendant des siècles, à travers tout l’occident.

Du XIVème au XVIème siècle, l’Ordre connut une période difficile, au cours de laquelle de nombreux monastères disparurent. L’unité Cistercienne originale était rompue. Au XVIème et XVIIème siècle, l’influence de divers mouvements culturels ou de société, aboutit à un certain relâchement et à l’abandon progressif du caractère contemplatif que l’Ordre possédait à ses origines.

Les critères de l’appellation

  • Les critères pour obtenir l’appellation Authentic trappist product sont les suivants :
  • le produit doit être fabriqué au sein d’une abbaye trappiste ;
  • le produit doit être fabriqué par, ou sous, le contrôle des moines ;
  • l’essentiel des bénéfices doit être consacré à des œuvres à caractère social.

Certaines bières d’inspiration trappiste, mais qui ne répondent pas à ces critères, ont été commercialisées avec cette mention jusqu’en 1962, date d’un jugement du tribunal de Gand qui condamna la brasserie de Veltem pour l’utilisation abusive de la marque Veltem Trappist. Aujourd’hui, les bières de type trappiste sont plutôt qualifiées de bière d’abbaye.

Les bières trappistes

Il n’existe que sept bières trappistes dans le monde, qui arborent toutes le logo hexagonal Authentic trappist product présent sur l’étiquette. Six sont belges (trois sont brassées en Région flamande et trois en Région wallonne) et une est néerlandaise.

En région flamande :

  • La Westmalle, brassée à l’Abbaye de Westmalle, à Malle dans la province d’Anvers, se décline en deux teneurs d’alcool : 9,5 % pour la triple (blonde dorée), 7 % pour la double (brune).
  • La Westvleteren, brassée à l’Abbaye de Saint-Sixte, à Vleteren en Flandre-Occidentale. Elle existe en trois types : la blonde (7,8 %), l’ambrée (8 %) et la brune (10,2 %). La Westvleteren est une bière très rare car les moines de l’abbaye ont décidé de ne pas augmenter la production de bière malgré son succès. Ainsi, pour s’en procurer il faut se rendre à l’abbaye le jour de la sortie de la bière, même si quelques magasins spécialisés en vendent sans autorisation.
  • L’Achel, brassée au monastère de Notre-Dame de Saint-Benoît, à Achel (Province de Limbourg). La brasserie produit deux bières en pression, une blonde (5 %) et une brune (5 %), et des bières bouteilles, une triple (8 %) et une brune (8 %) ainsi qu’une brune plus forte (9 %) brassée occasionnellement.

En région wallonne :

  • La Chimay, brassée à L’Abbaye Notre-Dame de Scourmont, dans la province de Hainaut, l’ambré (capsulée rouge, 7 %), la triple (capsulée blanche, 8 %), la brune (capsulée bleue, 9 %) et la dorée (capsule dorée, 4,8 %). Elles sont usuellement appelées Chimay rouge, blanche, bleue et dorée. Cependant l’appellation « Chimay Blanche » est peu utilisée et remplacée par « Chimay Triple » pour éviter la confusion avec les bières blanches de type « Hoegaarden ». La « Chimay dorée », est historiquement réservée comme bière de table à la communauté monastique et ses hôtes. Son degré d’alcool est assez faible. Elle garde néanmoins les arômes d’une Trappiste. Elle est également disponible à l’Auberge de Poteaupré, à 500 mètres de l’abbaye.
  • L’Orval, brassée à l’Abbaye d’Orval, dans la province de Luxembourg, à teneur d’alcool de 6,2 %, dont les secrets de fabrication sont gardés mais qui résulte d’une double fermentation et d’une levure spécialement préparée par les moines. Il existe une version plus légère appelée « Orval vert ».
  • La Rochefort, brassée à l’abbaye Notre-Dame de Saint-Remy, dans la province de Namur, qui existe en trois versions : « 6 » (7,5% – capsule rouge), « 8 » (9,2% – capsule verte), « 10 » (11,3% – capsule bleue). La différence entre le chiffre et le pourcentage d’alcool s’explique par l’utilisation d’une ancienne unité de mesure d’alcool qui exprime le centième de la gravité du moût avant fermentation. La « 6 » est brassée occasionnellement.

Aux Pays-Bas, existe également une bière créée par des moines trappistes.

  • La Trappe, brassée à l’abbaye Onze-Lieve-Vrouw van Koningshoeven, près de Tilburg, en quatre versions dont les plus connues sont la brune (6,5 %) et la blonde (8 %). Le statut de bière trappiste de la Trappe a été l’objet de controverses : depuis l’accord passé avec la brasserie Bavaria en 1999, les moines avaient demandé le retrait du logo Authentic Trappist Product. La mention trappistenbier a cependant toujours été légalement présente. Après de nombreuses discussions avec l’association trappiste internationale, l’abbaye de Tilburg obtint de nouveau le droit, en septembre 2005, d’apposer le logo Authentic trappist product sur ses bières.

Source: http://www.trappistbeer.net/trappist_portal.htm

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One response to “Trappistes”

  1. Jérémy says :

    Ah, la Westvleteren Triple, dont ils ne filent qu’un exemplaire par année et par famille… Et l’Orval des moines, que cet enfoiré de Vice m’a piquée il y a six ans de ça… Ah, les bières…

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