Ce matin, j’ai, une fois de plus, bravé les éléments pour vous apporter un petit aperçu de notre quotidien, à nous, les campagnards…
Une fois le givre évacué du pare-brise et le moteur de la voiture un tantinet réchauffé, c’est l’heure du départ. Ce matin, comme tous les autres matins de ce beau mois de Janvier 2010, il fallait être très très prudent sur les routes. Comme dans beaucoup d’autres bleds de Wallonie, le marchand de sel n’est pas passé… Ce qui donne des routes plutot amusantes, quand on a le temps…

A moi le Rallye des 1000 Lacs
Ce qui m’amène à poser une question qui me semble pertinente: les épandages de sel, quant ils ont lieu, ont-ils un impact sur l’environnement ? Parce que, bon, on envoie des tonnes de Chlorure de Sodium sur les routes (15g/m², d’après la RTBF). Un fois le dégel arrivé, où s’en va ce sel (et ne me répondez pas « DTC », ce serait vulgaire !) ?
Si j’en crois l’excellent blog Pollution Miss Terre :
« A fréquence élevée et à fort taux d’épandage, le risque de contamination des nappes phréatiques, par migration des ions dans le sol, est réel. Selon Laurent Eisenlohr du CETE de Lyon, “un salage répété durant les 3 mois d’hiver sur une période de 15 ans peut générer une contamination permanente de l’aquifère par les chlorures”.
Suite au ruissellement, et par l’intermédiaire des réseaux d’égouttage, le sel routier se retrouve également dans les eaux de rivières. Ainsi, en plus d’affecter l’eau des nappes, les épandages peuvent avoir un impact sur la salinité de l’eau douce, or un écosystème ne peut survivre que dans des conditions environnementales strictes. »
Heureusement, celle-ci rajoute:
« Il faut toutefois noter que les hivers que nous connaissons sont particulièrement doux, et qu’ils font ainsi du salage un phénomène anecdotique en Belgique. Les quelques rares épandages sur nos routes n’induisent qu’une pollution marginale et ponctuelle, laquelle affecte peu en définitive, nos rivières et nappes phréatiques. »
Mais alors, que faire pour rendre nos routes plus sure en cas de grand froid ? La Région Wallonne a déjà pensé au problème, comme on peut le lire sur le site Autoroutes et routes de Wallonie :
En période hivernale, la concentration dans le sol des produits utilisés pour l’épandage (chlorure de sodium et chlorure de calcium) représente un danger de pollution.
Pour y remédier, une première solution consiste à diluer les sels par l’intermédiaire de bassins d’orage construits le long des autoroutes. Ils permettent de réguler le débit des eaux de ruissellement des chaussées tout en les épurant par la décantation des matières en suspension, la dilution des sels et la rétention des produits toxiques et des hydrocarbures. Cette épuration écologique requiert une architecture des bassins d’orage adaptée afin d’y assurer la présence d’une quantité d’eau minimale.
D’autre part, l’amélioration de l’efficacité des épandages doit également permettre une réduction des quantités de sels déversées. « Saler moins mais saler mieux », tel est l’objectif. Pour y arriver, il faut d’abord cibler au mieux les actions d’épandage, qui doivent être effectuées aux moments et aux endroits les plus adéquats. Ce contrôle s’inscrit dans le projet Météoroutes qui ambitionne d’optimiser les interventions hivernales par une meilleure connaissance des paramètres météorologiques. Par ailleurs, l’utilisation de nouvelles techniques contribuent également à cet effort. Ainsi, l’épandage mixte, qui consiste en l’épandage d’un mélange de sel et de saumure (eau fortement salée), permet aux fondants de mieux adhérer à la surface de la chaussée et de moins se disperser.
En ce qui me concerne, je pense que la Belgique pourrait s’inspirer de ses collègues européens du Nord, comme la Suède et la Finlande (qui sont, comme tout le monde le sait, des pays à climat tropical), qui ne salent pas. On y pratique la politique de la “route blanche”… Les conducteurs s’adaptent et mettent des chaînes ou équipent leur véhicule de pneus neige (une solution aussi évoquée par nos responsables politiques – Obligation pour tout conducteur de mettre des pneus neige). De plus, on parvient à rouler plus vite et plus sûrement sur une route enneigée que sur une “soupe saline en perpétuelle surfusion”.
D’autres idées ?